Le jardin de Giverny que Monet créé avec tant de passion et qu’il cite comme "son plus beau chef d’œuvre" sera au terme de sa vie son unique source d’inspiration. C’est là que, inlassablement, il scrutera ses "paysages d’eau et de reflets".
Ce motif du rideau de feuillage du saule pleureur figure sur plusieurs panneaux de l’Orangerie. Il a été admirablement décrit par Gustave Geoffroy :
"Voici la surface de l’eau, calme, immobile, rigide et profonde, le plan établi par les feuilles plates des nymphéas. Sur cette eau les boutons et les fleurs sont posés, s’ouvrent, éclatent, se referment. Au dessus, le ciel avec ses nuages errants, les branches d’arbres qui se balancent, se mêlent aux herbes aquatiques, liées et déliées sans cesse par le courant paisible. C’est exprès que j’indique cette illusion du mouvement que Monet nous donne ici avec la réalité de la lumière. Tout bouge et tout vit dans ces admirables œuvres, et pourtant, toutes ont le magnifique calme de l’art, cette plénitude, cette sérénité, que possèdent seule les œuvres d’exception".
(Gustave Geffroy, Monet, sa vie, son œuvre, 1924). |